Ces entreprises méditerranéennes qui exportent

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Tendances
Publié le jeudi 10 décembre 2015
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Levier de compétitivité, la conquête de nouveaux marchés à l’international permet aux PME de se développer et d’innover. De nombreuses entreprises régionales ont saisi cette opportunité.
 

Grap’Sud, spécialiste de la fabrication et de la commercialisation de produits dérivés du raisin et de l’olive dans le Gard, a doublé son chiffre d’affaires à l’international de 2011 en 2013, en exportant notamment au Japon, aux USA et en Chine. L’entreprise familiale FCT (Froid-climatisation techniques), située à Velaux dans les Bouches-du- Rhône, a fait du développement à l’international sa priorité depuis plus de six ans et réalise 20 % de son chiffre d’affaires en Algérie. Les exemples de PME régionales qui réussissent sur le commerce extérieur sont nombreux. Selon la CCI PACA, la région compte 8 000 PME exportatrices dont 5 000 régulières. L’internationalisation représente d’ailleurs un levier de résistance à la crise. 

 

Les vins du Languedoc ont conquis le monde

Le Languedoc-Roussillon exporte surtout ses vins qui intéressent les marchés américains et asiatiques. En 2014, les exportations régionales des vins IGP (Indication géographique protégée) Sud de France, la marque ambassadrice de la région, représentent 77 % des quantités totales exportées par la France. En PACA, ce sont les secteurs de l’agroalimentaire, des cosmétiques et du maritime qui s’exportent le mieux, l’Europe zone euro restant la cible prioritaire pour près de la moitié des exportateurs. « Les pays méditerranéens sont les principaux clients des entreprises exportatrices régionales, analyse Audrey Pierlas, directrice de la CCI International PACA. Pour le grand export, les destinations dépendent des secteurs. La santé/biotechnologie se tourne vers la Californie, l’aéronautique vers le Mexique et le Brésil, l’agroalimentaire vers l’Asie ». Le financement et le temps que nécessite cette démarche demeurent les principaux freins à l’exportation pour les PME régionales. « Certaines PME tournent à 5 ou 10 % de leur chiffre d’affaires à l’export, alors qu’elles devraient être à 40 % pour réellement s’internationaliser, estime Audrey Pierlas. C’est un cap difficile à passer, car cela nécessite une importante avance de trésorerie. Le retour sur investissement à l’export est très long. Par exemple, il faut séduire la Chine pendant au moins quatre ans pour obtenir un marché. En général, une entreprise sur deux abandonne sa prospection au bout de deux ans. »

Nouveaux marchés export

Pour aider les PME à passer ce fameux cap, CCI International PACA et Business France ont récemment mis en place le dispositif « Nouveaux marchés export ». Les PME participantes, implantées en PACA et réalisant au moins 5 % de leur activité à l’export, bénéficient d’une chaîne complète de six prestations : diagnostic, kit export, test sur l’offre, deux missions de prospection et un suivi des contacts. Grâce au soutien financier de la Région, le coût de cette prestation est réduit de 50 % pour les PME et leur revient à 3 900 € HT. Une aide non négligeable pour conquérir de nouveaux marchés.

MEDINCELL, LA SUCCESS STORY HÉRAULTAISE

Installée à Jacou, la biotech MedinCell développe la technologie Bepo, qui consiste à injecter sous la peau un principe actif plus efficace, moins cher et plus pratique d’utilisation qu’un médicament en cachet. Un procédé écologique qui intéresse les marchés étrangers. La société de 80 salariés de vingt nationalités différentes travaille avec la majorité des grands laboratoires pharmaceutiques et les plus gros génériqueurs du monde, pour une commercialisation des premiers médicaments d’ici trois à quatre ans. 100 % du chiffre d’affaires de MedinCell est réalisé à l’export. Depuis sa création en 2002, l’entreprise connaît une croissance exponentielle et s’apprête à agrandir ses locaux de 1 500 m2 début 2016. Des recrutements de biologistes, pharmaciens, alliance managers, chimistes et personnels des fonctions support (en RH, comptabilité et achats notamment) sont prévus.

Interview

Jean-Paul Marand
Gérant de Collines de Provence

Il faut être innovant et s’introduire dans tous les réseaux

Pouvez-vous présenter brièvement votre société ?

Jean-Paul Marand Collines de Provence a été fondée il y a plus de 25 ans à Mane, en Haute-Provence. Nous concevons, fabriquons et distribuons des produits de senteurs pour la maison (bougies parfumées, diffuseurs de parfum, vaporisateurs d’ambiance, etc.) et des cosmétiques naturels. Nous sommes à la fois parfumeurs et botanistes.

Quelle est la part de l’exportation dans votre activité ?

J.P. M. Nous réalisons 35 % de notre chiffre d’affaires à l’export, vers l’Europe (Allemagne, Angleterre, Italie, Espagne, Suisse), le Moyen-Orient (Arabie Saoudite, Koweit, Abu Dhabi) et l’Asie (Japon, Taïwan, Hong-Kong). Nous nous concentrons surtout sur l’Europe avec des distributeurs et des master agents et prospectons désormais sur la Scandinavie.

Quels sont selon vous les clés de la réussite quand on se lance à l’international ?

J.P. M. Nous avons la chance de proposer des produits facilement exportables : ils sont authentiques, élégants et artisanaux, et surtout ils sont à la fois « Made in France » et « Made in Provence », ce qui est un plus à l’international. Pour exporter, il faut être innovant, avoir des notions de marketing international et s’introduire dans tous les réseaux (Business France, cabinets spécialisés, salons professionnels à l’étranger, autres chefs d’entreprise…) pour découvrir des opportunités d’affaires.

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