Vitiviniculture : un poids lourd de l’économie régionale

Actualités et conseils sur les carrières en méditérannée
Filières & Métiers
Publié le lundi 27 novembre 2017
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Dopés par l’essor continu du bio, les métiers de la vigne ont le vent en poupe en Paca, surtout dans le Var et le Vaucluse. Conséquence logique : le marché de l’emploi se porte bien, lui aussi.
Par Martin de Kerimel

La filière se porte bien. Elle est dynamique et profite d’un chiffre d’affaires bien orienté. Je ne vois aucune raison de douter que l’emploi suive, lui aussi. » Philippe Brel est le directeur général d’Estandon Vignerons, une cave coopérative du Var. Avec d’autres acteurs de la filière, il participe aux travaux du cluster Provence Rosé, une association d’entreprises locales. Parmi ses missions : démontrer que la vigne est porteuse d’emplois, notamment auprès des publics qui ne connaissent pas ses métiers. De nos jours, les entreprises sont de plus en plus exigeantes sur le niveau technique des personnels recrutés. Elles misent aussi sur des salariés polyvalents, a fortiori quand il s’agit de postes permanents. Les emplois saisonniers, eux, sont plutôt spécialisés.

En amont et en aval de la filière

Sur le terrain, les entreprises constatent aussi un déficit d’intérêt croissant pour les métiers les plus physiques, directement impactés par les aléas climatiques. Même peu qualifiés, ils sont difficiles à pourvoir et ont diminué en volume, du fait notamment des progrès de la mécanisation. « C’est vrai que nous avons aussi besoin de cadres, en amont et en aval de la filière vitivinicole, pour la production de vin comme pour la commercialisation », relativise Françoise Dijon, œnologue et membre du département technique du groupement professionnel Inter-Rhône. Du Vaucluse, où elle compte l’essentiel de ses adhérents, cette spécialiste note que « le métier se modernise, ce qui nécessite des producteurs de plus en plus performants. Les emplois sont toujours plus qualifiés, les postes de plus en plus complexes. Ils requièrent des collaborateurs motivés, à la forte volonté d’engagement et qui maîtrisent autant les aspects techniques de la profession que sa dimension commerciale. Il faudra que les formations puissent évoluer en conséquence, le niveau BTS me semblant aujourd’hui le strict minimum pour intégrer le marché du travail. » Des passerelles entre les métiers permettent d’assumer plusieurs missions au cours d’une même carrière.

Emplois qualifiés, nouveaux métiers

Les contrats proposés sont souvent intéressants, CDI ou CDD longue durée. Brigitte Diez est la déléguée régionale PACA de l’APECITA, association qui diffuse annuellement 800 offres d’emploi dans la région. Elle l’explique : « Les employeurs recherchent majoritairement des bac +2. Une petite partie d’entre eux recrutent des bac +5 pour des postes de cadres : chefs de culture, œnologues, directeurs techniques, responsables de vignobles, spécialistes du conseil, directeurs commerciaux, par exemple. Jusqu’à 75 % des offres peuvent être pourvues par le réseau et la promotion interne. » Par ailleurs, de nouveaux métiers apparaissent, liés au développement de l’œnotourisme, en pleine structuration, ou aux technologies agricoles innovantes.

Les bons plans de la toile

Vous cherchez un emploi dans le secteur vitivinicole provençal, tout en habitant loin de ce terroir que vous espérez rejoindre ? Sur Internet, plusieurs sites peuvent vous donner une bonne idée des postes disponibles et des profils recherchés. Vitijob (www.vitijob.fr) se présente comme un portail exhaustif et recense de nombreuses offres d’emplois, de stages et d’embauches saisonnières pour les vendanges. Il permet de déposer son CV en ligne et, une fois inscrit comme candidat, de recevoir des alertes par mail en cas d’offres correspondant à son profil. Autre site spécialisé, Emploi Viticole (www.emploi-viticole.com) propose un contenu plus modeste, avec des pages « actualité » et « agenda » obsolètes. Pas une raison pour le bouder : les annonces d’emploi restent très actuelles et mises en ligne avec le concours de l’Association pour l’emploi des cadres de l’agriculture (www.apecita.com).

Interview

Olivier Nasles
Président de la commission bio à la Chambre d’agriculture Paca

Que représente la viticulture bio dans la région ?

En pourcentage de la surface agricole utile, PACA est la première région française pour l’agriculture bio en général, et la viticulture bio en particulier. Globalement, on atteint environ 15 % des vignes de la région : le chiffre national, lui, tourne autour de 5 %. Cette avance concerne la viticulture méditerranéenne au sens large, puisque le Languedoc est également leader sur ce sujet.

S’agit-il également d’un secteur qui embauche ?

En fait, il n’y a ni formation spécifique, ni profil déterminé pour travailler dans la viticulture bio. Elle a toutefois besoin de beaucoup de main d’œuvre : 30 % d’effectifs supplémentaires comparée à la viticulture traditionnelle. Or, on a du mal à pourvoir ces postes pas ou peu qualifiés ! Un bon tractoriste n’a pas de prix : il pourra presque mieux gagner sa vie que l’ingénieur ou l’œnologue qui occuperait un poste à responsabilité. Pour les emplois de cadre, nous sommes saturés et recevons énormément de candidatures !

Comment envisagez-vous l’avenir de la filière ?

Les perspectives sont positives dans la viticulture de Provence, en général. Sur le segment spécifique du rosé, les consommateurs sont chaque année plus demandeurs. Nous continuerons donc d’embaucher à l’avenir. Le bio n’est qu’une certification de production : c’est plutôt la notion d’identité qui fait la différence. Nous avons prouvé aux consommateurs notre capacité à obtenir un goût qui correspond à leur demande.

Chiffres :

  • 86 221 ha consacrés à la viticulture en Provence Alpes Côte d’Azur (15 % de la surface agricole de la région).
  • 28 % des exploitants viticoles de la région ont aujourd’hui plus de 60 ans.
  • 923 producteurs de la région se sont spécialisés dans le vin bio.
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